De la route

De la route est mon premier recueil de poèmes, publié en 2017. Un titre qui exista vingt ans avant la publication du livre, alors que s'égrenaient les feuillets qui deviendraient plus tard ce recueil. Il constitue bien sûr l'occasion de se souvenir de Kerouac, mais aussi de penser la route d'une autre façon que les déferlants de la Beat Generation. La dimension du voyage est évidemment présente, et nombre de ces textes ont été écrits au fil de divers périples.

Mais l'essentiel de ce que livrent ces pages ne se situe pas dans la description d'un folklore en effervescence, se dilapidant d'expérience en expérience, dévalant le cours de l’existence d'événement en événement. L'évocation de ce que la vie comporte de drame et de beauté, d'incandescence et d'éphémère, grisée sans doute mais avec la conscience que l'ivresse n'a de valeur que si elle délivre la connaissance qui la rend secondaire.

Si toute jeunesse pleinement vécue comporte une recherche d'extase, cette dernière n'aboutit vraiment que si elle se reconnaît comme une quête de l'amour et de tout ce qui peut l'héberger. Le monde, la beauté, les voyages, et tout ce à quoi ils ouvrent la perception, sont alors autant de voies d'initiation pour advenir à soi-même et à la connaissance que ce qui nous trame est tissé de l'autre, dans son flot de diversité et sa réalité poignante.

De la route, je retiens, décliné de sublime façon, ce que les alchimistes jadis disaient déjà de l'homme et du monde : qu'ils sont l'image l'un de l'autre, qu'ils sont enchevêtrement, macrocosme et microcosme. J'ai reconnu ce lien sublime dans cette jeunesse éblouie qui fut la mienne, et au cours de laquelle tant de limites éclataient, et j'ai perçu de façon inoubliable cet entrelacement de l'âme du monde et de celle de l'homme vivant, qui fait que même effarée, son errance demeure une quête.

Extrait 1 :

Près d'un arbre semblant décroché de la terre

A la force de ses bras d'ombre,

Resté seul dans la nuit,

J'ai appelé une femme

Qui est venue, en s'éloignant,

-Et je l'ai aimée

Comme l'eau noire de la nuit.

Extrait 2 :

Ce qui est petit nous enseigne

Comme la poussière de nos pieds.

Les choses paraissent

Et sont merveilles.

Par leur nature simple et vide

Elles nous font dieux

Nous animent et nous résorbent en paix.

Il n’y a qu’un vent à monter

Qui passe parfaitement à l’assise de notre cœur,

Et de l’ombre et de la lumière

Étaie nos regards et nous porte dans l’amour

-Nous ouvre toute grandeur.

Lien vers le site de l’éditeur :

https://www.lucie-editions.com/book/de-la-route-po-egrave-mes-de-l-rsquo-errance-et-de-la-qu-ecirc-te/86721.html